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Mercredi 16 avril 2008

Depuis 2006, la collecte et le recyclage des ampoules à économie d'énergie sont obligatoires. La filière, qui se met peu à peu en place, devrait recycler 50 millions de lampes chaque année.

Savez-vous trier vos ampoules ? Depuis novembre 2006, les consom­mateurs, comme les professionnels, sont cen­­sés trier leurs ampoules et les jeter dans des conteneurs ad hoc. Mais attention, toutes les lampes ne sont pas concernées par cette directive européenne.

Nos bonnes vieilles ampoules à incandescence, qui vont progressivement être retirées de la vente, ainsi que les halogènes peuvent être jetées dans n'importe quelle poubelle. Le coût de la collecte et l'énergie dépensée à cette occasion seraient nettement supérieurs aux gains du recyclage.

Ecocontribution

Toutes les autres ampoules sont concernées par le tri sélectif, c'est-à-dire les am­poules à basse consommation d'énergie (autrement appelées lampes fluo compactes, LFC), les tubes fluorescents (abusivement ap­pelés néons), les lampes à LED… Mais ne vous attendez pas à trouver une poubelle à ampoules au pied de votre immeuble, entre le bac à verre et celui à papier. Les conteneurs se trouvent essentiellement chez les distributeurs qui vendent des lampes fluo compactes, soit à peu près n'importe quel hypermarché ou magasin de bricolage. Pour le moment, les consommateurs doivent déposer leurs ampoules à l'accueil du magasin. Le personnel se charge ensuite de les jeter dans un bac situé dans la réserve. Au cours des prochains mois, des conteneurs seront mis en place à la devanture des magasins, à l'image de ce qui existe déjà dans certains points de vente pour les piles usagées. Environ la moitié des 3000 déchetteries françaises sont équipées pour recycler les ampoules.

 

L'organisme chargé de la collecte des LFC, Récylum, est financé par les principaux fabricants (Philips, Osram, General Electric et Sylvania). Mais c'est le consommateur qui paie : le prix d'une lampe comprend 24 centimes d'écocontribution. Cette somme est d'abord facturée par Récylum au producteur, qui la répercute sur le distributeur, qui l'intègre au prix de vente final. Le budget annuel de Récylum s'élève à quelque 25 millions d'euros par an. La somme couvre l'information aux consommateurs, la collecte elle-même et le recyclage, la mise en place des conteneurs… Au final, l'organisme ne dégage aucun bénéfice.

Les Français sont encore peu au fait du recyclage des ampoules. L'année dernières seuls 36% des lampes censées être recyclées l'ont été. Sachant que les LFC ne représentent que 11% des ventes d'ampoules en France.

Cette tendance devrait s'inverser très vite avec la sensibilisation du public au sujet et la croissance des ventes de ce type de lampes, de l'ordre de 25% par an. Récylum a pour objectif d'atteindre le taux suédois du recyclage : 70%, ce qui représente environ 50 millions de lampes traitées chaque année.

Aluminium, cuivre, mercure

L'intérêt de recycler des lampes fluo compactes n'est pas uniquement économique. Cela permet tout d'abord de récupérer des métaux (aluminium et cuivre) et du verre, qui sont les principaux éléments recyclés. Les métaux sont réemployés par les filières; refondus, ils peuvent trouver diverses applications, du fil électrique à l'emballage alimentaire.

 

Recycler du verre génère 70% d'économie d'énergie par rapport à la production de verre à partir de sable. En outre, l'utilisation de verre recyclé permet d'économiser 700 kilos de sable par tonne de verre fabriqué, 150 kilos de soude ou potasse et 100 kilos de calcaire.

Il existe cependant une contrainte : pour être recyclé, le verre des tubes fluorescents doit être collecté intact. Charge aux différents acteurs de la chaîne de ne pas briser les débris pendant leur transport.

Par ailleurs, les lampes à économie d'énergie contiennent 0,005% de mercure. «  Il ne représente aucun danger en cas de casse, mais devient potentiellement dangereux pour l'environnement lorsqu'il s'agit de dizaines de millions de lampes arrivant en fin de vie chaque année», précise Récylum. D'où la nécessité de traiter ce mercure. Le mercure purifié et réutilisé représente d'ailleurs 40% des besoins industriels mondiaux.

Elsa Bembaron
15/04/2008

Par Ecologik Buro - Publié dans : ecologik-buro - Communauté : Développement Durable
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